Test : Hellblade : Senua’s sacrifice (PC)

A mi-chemin entre un jeu AAA (comme GTA V) et un jeu indépendant, le studio Ninja Theory (à l’origine de Heavenly Sword et du dernier Devil May Cry) nous propose un jeu « AAA indépendant » d’aventure-action sur fond de mythologie nordique.

L’histoire :

On y suit Senua, une guerrière scandinave, dans sa descente aux enfers (appelé Heilem) afin d’y récupérer l’âme de son bien-aimé Dillion des mains de la déesse des morts : Hela. Le jeu nous présente ici, une version nordique du mythe de la descente aux enfers d’orphée et eurydice. Cependant, Senua devra affronter, en plus de l’enfer, ses voix intérieures qui la perturbent depuis son enfance. Vous l’aurez compris, le jeu nous présente les problèmes de schizophrénie. En plus de prendre ce thème très peu abordé dans les jeux vidéos, le studio Ninja Theory a fait un gros travail de recherche sur ce sujet, en compagnie de spécialistes universitaires de cette pathologie et de gens qui en sont atteints ! Un documentaire dans le jeu en parle même plus en détail à ce sujet. Tout cela nous faire ressentir toute la détresse d’une âme torturée par la fatalité et par les dieux, faisant douter de la pureté des motivations de Senua.

Le Gameplay :

La psychose à tous les niveaux :

Forcément pour un jeu qui traite de la folie, il est nécessaire de faire ressentir ce malaise durant toute la durée. Pour cela, les développeurs ont poussé la chose jusqu’à mettre en place un système de suppression de sauvegarde si vous mourrez trop souvent dans le jeu. Pour expliquer en détail, la pourriture sur votre main droite remonte jusqu’à votre tête si vous atteignez le nombre fatidique de morts. Cela créer du coup une grosse partie de stress lors des combats nous rapprochant encore plus du personnage et de sa détermination à aller jusqu’au bout (« pas de spoil, pas de spoil,… » 😉 ).

La pourriture est bien visible sur le bras droit de Senua, nous rappelant à tout moment que la mort n’est pas loin.

Un jeu à trois temps :

Hellblade peut se découper sur tous ses niveaux en trois grosses phases.

La première sera l’exploration narrative dans lequel de magnifiques paysages naturels se dévoileront au joueur avec soit une explication de la vie de Senua par une de ses voix intérieures, soit l’explication de la mythologie vikings en activant différentes stèles plus ou moins cachées dans le décors.

Ensuite, une phase d’énigmes qui nous demande de trouver des signes cachés dans la nature afin de débloquer le passage suivant. Cela peut paraitre abstrait comme explication, mais cela est facilement compréhensible dans le jeu.

Selon la lumière et le placement, le signe recherché apparait dans le décor (ici un genre de M).

Et pour terminer, une phase où des combats contre les larbins de la déesse vous demanderont un bon timing dans les coups afin de ne pas succomber et de charger une sorte de mode berserk (en l’activant, le temps semble ralentit mais vous bougez normalement. Vous permettant ainsi de porter des coups fatals plus facilement aux ennemis coriaces).

Des énigmes basées sur les sens :

En précision du côté des énigmes, le jeu semble nous demander d’activer tous nos sens pour les résoudre. En effet, certains passages proposent des énigmes visuelles par la recomposition du décor (un pont par exemple) grâce à l’alignement de la caméra, d’autres basées sur le son (Senua se retrouve un moment donné dans le noir total et n’a que son ouïe pour se repérer et éviter les obstacles), et d’autres encore sur la rapidité et sur la perception de l’espace qui entoure Senua. Toutes ces énigmes augmentent l’immersion et l’empathie faites auprès de Senua.

Qui avait dit que l’enfer serait de tout repos ? 😉

Graphismes :

Au niveau du graphisme, le jeu n’a rien à envier de ses collègues de type jeux AAA (tel que Battlefield, The Witcher 3, Tomb Raider,…). En effet, comme dit plus haut, le studio privilégiant l’immersion, il réussit à créer des décors naturels de toutes beautés grâces à l’Unreal Engine 4.

Paramètres graphiques en Ultra.

Paramètres graphiques en Élevé.

Paramètres graphiques en Moyen.

Paramètres graphiques en Faible.

De plus, le visage de Senua ainsi que toutes ses expressions ont été réalisées avec de la motion capture (procédé utilisant de vrais acteurs bardé de capteurs afin de retranscrire leur mouvement dans le jeu). Melina Juergens, l’actrice jouant Senua, parvient parfaitement à tenir son rôle et cela ce ressent dans le jeu.

Les performances :

Passons maintenant au test des performances du jeu. Voici donc la configuration minimale proposée par l’éditeur :

Configuration minimale :

  • Système d’exploitation : Windows 7, 8 ou 10
  • Processeur : Intel i5 3570K ou AMD FX-8350
  • Mémoire vive : 8 GB de mémoire
  • Carte graphique : GTX 770 avec 2GB de VRAM ou Radeon R9 280X 3GB
  • DirectX : Version 11
  • Espace disque : 30 GB d’espace disque disponible

En regardant la configuration demandée, seul un processeur avec au moins 4 cœurs pourra faire tourner le jeu (exit donc les Core i3 et autres Pentium 😉 ). Cependant du coté de l’espace disque, on est à moins de 30GO d’espace disque d’utilisé ( 21,4Go exactement une fois le jeu installé), cela est plutôt raisonnable vu la qualité des décors et la taille des jeux d’aujourd’hui. Du coup, quand est-il pour ses performances ?

Passons maintenant au test de performance. J’ai procédé à différents tests concernant la partie graphique et les temps de chargement. Chacun étant sur une résolution de 1920 par 1080 (c’est la résolution de mon écran et celle de la plupart des gens afin de donner une idée du résultat qu’ils peuvent espérer avoir sur leur machine).

Pour tester ce jeu, je me suis servi de mon ordinateur qui possède les caractéristiques suivantes pour ceux qui seraient intéressés :

Résultats des tests :

 

Test du temps de chargement entre SSD et HDD (disque dur). Résultats exprimés en secondes.

 

Test des différents niveaux de graphismes du jeu. Résultats exprimés en FPS (image par seconde).

Au niveau des temps de chargement tout d’abord, le test montre que le jeu bénéficie d’être sur un SSD (le test concernait le chargement d’une nouvelle partie) en réduisant de moitié son temps de chargement. De plus, durant la partie, le jeu présente des micros lag lorsqu’il se met à charger le niveau en étant sur un disque dur. Donc si votre SSD est suffisamment volumineux, vous pouvez l’installer dessus afin de profiter du titre sans dérangement.

Concernant maintenant la gourmandise du jeu selon le niveau de graphisme, ce dernier est plutôt bien optimisé (pour informations, la version du jeu utilisée est la 1.01.1) même en Ultra. La GTX 1070 est clairement sur-dimensionnée pour ce type de jeu sur une résolution de 1920 par 1080. Une GTX 1060 voir une GTX 1050ti peut très bien faire l’affaire pour ce jeu.

Conclusion :

Il semblerait que le pari soit réussi pour Ninja Theory qui avait pour but de faire un jeu immersif avec seulement 20 personnes, mais avec la qualité des jeux AAA d’aujourd’hui. En effet, on ne ressort pas le même une fois ce dernier fini. Cela risque d’ailleurs de faire hésiter certains joueurs (le jeu n’est clairement pas fait pour tout le monde) mais là n’est pas le but du studio. Ils n’ambitionnent pas de révolutionner le genre, ils souhaitent seulement proposer aux joueurs l’aventure qu’ils ont voulu pousser, sans superflu, sans effet révolutionnaire et sans énorme coup d’éclat technique, faute de ressources humaines et de budgets. Cela donne un titre poignant et immersif malgré ses défauts.

Les + :

  • L’histoire et le thème de la schizophrénie parfaitement maitrisés
  • Le sound design avec les sons binaurales de grandes qualités
  • Les décors ainsi que les détails des personnages
  • La performance de l’actrice Melina Juergens dans le rôle de Senua
  • Le prix raisonnable (moins de 30€ pour près d’une dizaine d’heures de jeu)

Les – :

  • Clairement à ne pas mettre entre toute les mains
  • Certains combats un peu mou
  • Certaines énigmes ne servant qu’à rallonger la durée du jeu

Allez-vous jouer à ce jeu ? Qu’avez-vous pensé de ce test ? Besoin d’en savoir plus ? N’hésitez pas à vous exprimer dans les commentaires 🙂

Di Gallo Pierre

Passionné par le monde de l'informatique et du mobile, je partage mes connaissances sur mon site dgpinformatique.fr . Je travaille à coté en tant que technicien helpdesk.

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